Article d'El Watan sur la conférence "The Good Bank"

à l’initiative du cabinet Mazars Hadj Ali : «La good bank» en débat.
Le thème de «La good bank» a été au centre d’une conférence organisée mercredi à Alger par le cabinet Mazars Hadj Ali, dans le but de susciter le débat sur le rôle et la place du secteur bancaire dans un contexte de crise financière mondiale. Introduit par Samir Hadj Ali, manager du cabinet Mazars Hadj Ali, le débat a été animé par Charles de Boisriou et Houcine Mouffok, respectivement associé à Mazares France et associé au cabinet conseil aux entreprises, basé à Paris.

Les deux experts ont passé en revue les conditions d’une redynamisation des banques au lendemain du choc qu’elles ont connu et des turbulences qu’elles continuent de subir dans une position désormais inconfortable entre le régulateur et les clients. Un éclairage sur les perspectives du secteur en Europe a été apporté par Charles de Boisriou, qui a aussi passé en revue les moyens de résoudre les problèmes de défiance vis-à-vis des banques dans un environnement économique instable et de mauvaises  projections  de croissance. L’orateur a notamment détaillé les principes qui doivent être pris en considération pour rétablir la confiance entre les banquiers et leurs partenaires et clients. Il s’agit des critères d’efficacité, de responsabilité et d’innovation.

Trois clés essentielles que les banques doivent  réapprendre à utiliser  pour jouer pleinement le rôle essentiel qui leur revient dans l’économie et la société. L’exposé clair et méthodique a donné à l’assistance l’occasion de discuter des voies et moyens qui permettraient de ressouder les liens entre la banque et son environnement. Les problèmes découlant d’une tendance vers une réglementation prudentielle plus rigoureuse, ou ceux déjà posés par une prise de risque inconsidérée, ou encore  la crainte d’innovation et son impact sur le développement du secteur ont été abordés et débattus par l’assistance constituée d’initiés clairement passionnés par leur métier.

En abordant la situation des banques en Algérie,  Houcine Mouffok, ancien cadre de la BNA et fin connaisseur du secteur bancaire, a évité toute comparaison avec le secteur européen. Le contexte est différent et la situation financière est différente, a estimé le spécialiste. La déconnexion du secteur bancaire algérien du système international et le peu de pression subie par les banques algériennes suite au choc qui a ébranlé les banques européennes et américaines en 2008 rendent toute comparaison impossible.

Le débat a également un peu patiné  lorsqu’il a été question de donner un éclairage sur la meilleure manière d’aborder et de concrétiser dans le contexte algérien, les trois principes évoqués au tout début de la rencontre. Les échanges n’ont donc pas abouti à des projections claires, mais ils ont toutefois permis d’évoquer, selon la perception de chacun,  les points forts et les faiblesses du secteur dans notre pays. Les avis émis dans la salle ont par ailleurs  permis d’établir un état des lieux et de décrire le mode opératoire des banques qui ne manquent, en Algérie,  ni de solvabilité ni de liquidités par rapport aux banques européennes par exemple, mais qui en outre restent assez figées dans leur fonctionnement.

L'absence d’un marché financier dynamique, d’un tissu d’entreprises solvables, d’un secteur industriel solide en plus des règles prudentielles contraignantes sont quelques-unes des raisons qui ont été invoquées lors du débat pour expliquer la situation des banques en Algérie sans que des solutions soient identifiées par les professionnels. Ceux-ci ont exprimé cependant de l’optimisme quand à une évolution positive du secteur  vers  plus d’innovation et d’efficacité. Il est à noter que le débat organisé à Alger entre dans le cadre d’un programme initié par le cabinet Mazars, en collaboration avec le magazine The Economist. L’initiative lancée à Paris en mars 2013 a permis un large débat interactif grâce à une plateforme web, sur la banque idéale. Une synthèse des contributions a été publiée
 dans  un livre blanc au mois de juillet 2013.